11/10/2010 : 京都 (Kyoto)


Le moment est malheureusement venu de quitter la famille Suzuki en espérant pouvoir les revoir, nous prenons le bus pour Kyoto.
Kyoto est située dans la région du Kansaï. Elle a été la capitale du Japon de 794 à 1869 et en a été le centre culturel et artistique. Préservée des séismes et des bombardements de la 2de guerre mondiale, elle regorge de trésors. Alors un gros problème se pose à nous : que faire ? Par où commencer ?

Direction le centre ville à pieds après avoir laissé les sacs à l'auberge de jeunesse. Pour prendre nos marque,. nous empruntons de petites ruelles où règne un calme absolu. Elles sont bordées par de nombreuses maisons aux entrées traditionnelles fleuries. Les gens plantent des arbustes et des fleurs et disposent des pots directement dans la rue le long des habitations. Nous prenons notre temps et flânons d'une ruelle à l'autre dans ces univers paisibles nichés entre les grandes artères de Kyoto.


A midi, nous goûtons aux délicieuses Kake Soba, soupes de nouilles au sarrasin, à Honke Owariya, le plus vieux restaurant de nouilles de Kyoto, l'établissement date de 1645. Nous déjeunons au 1er étage de ce joli restaurant en bois typiquement japonais aux fenêtres et portes coulissantes, dont les verres paraissent être du papier. Une petite sieste digestive dans les jardins du palais impérial nous permet d'admirer les érables.

Après cette matinée bucolique, passage aux choses sérieuses : Ginkaku-ji, le pavillon d'argent. C'est un vrai bijou niché au cœur de la végétation dense de la montagne à l'est de Kyoto. Le pavillon et son jardin sont de beaux exemples de la simplicité et du raffinement esthétiques de la philosophie zen. La 1ère partie du jardin est composée de Kogetsudai, cônes de sable, et de Gisandan, de longues bandes de sable.





La 2ème partie est comporte pins, bambous, mousses, rochers, lacs et cascades. Elle nous entraîne sur les flancs de la montagne. Plusieurs jardiniers très minutieux nettoient les feuilles, ratissent les graviers et débarrassent les mousses des mauvaises herbes.






La promenade est arrangée, nous suivons un parcours bien défini qui dévoile les secrets du jardin progressivement. Le tout semble très naturel.

 
Pour rentrer à l'auberge de jeunesse, nous suivons le chemin de la philosophie, petit canal bordé de cerisiers, emprunté pendant des siècles par des moines en méditation. Cette balade est vraiment apaisante.
 

10/10/2010 : 祖谷渓谷 (La vallée d'Iya)





Il y avait peu de touristes en Russie et en Mongolie, ce n'est pas la même chose au Japon. Il faut donc se mettre à faire une chose à laquelle nous ne sommes pas habitués : planifier notre semaine au Japon et réserver tous nos hôtels, ce qui nous prend la matinée. Ce n'est pas évident car nous avons peu de temps et tout nous attire !

Une fois ce petit détail réglé, Mai et Masaki nous emmènent visiter la vallée de l'Iya, au cœur des montagnes du centre de Shikoku. Nous remontons la rivière en voiture, la route est surplombée par les hautes montagnes couvertes d'érables. Les feuilles commencent à peine à rougir car l'été a été long.

 
A bord d'un petit bateau, nous navigons dans les gorges d'Oboke. Avant d'embarquer, il faut retirer ses chaussures puis l'on prend place sur le sol du bateau couvert d'une natte.




 Nous avons la chance de voir un groupe de petits singes sur la rive.



Nous allons ensuite traverser la rivière sur un pont de lianes. Il remonte au 12ème siècle mais maintenant, il est refait tous les 3 ans avec les mêmes techniques de tressage qu'autrefois.


 Pour rentrer, Masaki, emprunte une route étroite qui sillonne l'ouest de la vallée. Les falaises qui encadrent la rivière sont très abruptes.

A Tokushima, nous nous arrêtons dans un supermarché pour faire des emplettes pour le dîner. Nous ne connaissons pas la plupart des aliments et nous voudrions tout essayer ! Le rayon poisson est immense.
Ce soir, c'est sushis, un vrai délice. Mai ne prépare pas les sushis à l'avance mais coupe les poissons en fines tranches et prépare un riz bien collant. Elle pose tout sur la table pour que chacun se serve, ce qui est beaucoup plus convivial.
Il faut prendre une feuille d'algue et y déposer un peu de riz. Puis l'on trempe une tranche de poisson dans de la sauce soja et un peu de wasabi et on la couche sur le riz. On roule le tout et on mange. Pour accompagner les sushis, nous avons des algues, des champignons, de la soupe miso et du saké. Nous nous sommes vraiment régalés. Le saké n'a absolument rien à voir avec ceux que l'on  nous sert en digestif dans les restaurants asiatiques en France : ce n'est pas fort mais cela a beaucoup de gout. Nous n'osions pas tester après nos expériences vodka de peur d'avoir à avaler un verre de tort-boyaux mais finalement on va remettre ça !

09/10/2010 : 大阪市 (Osaka)


On ne pouvait peut-être pas visiter deux pays plus diamétralement opposés que la Mongolie et le Japon. Nous sommes passés d'un pays immense, sous-peuplé, très peu urbanisé au confort modeste, aux transports en communs limités et très lents, où la nourriture se limite au mouton et au lait, où l'on a l'impression d'être seul au monde à un petit pays très peuplé, urbanisé, à un mode de vie ultra raffiné axé sur le bien être et l'hygiène, à la pointe de la technologie et où la nourriture très variée est un régal.

Autant en Mongolie, nous avons été un peu crados, ici, nous sommes aseptisés ! Dès le lever, Vi est allée découvrir la salle de bain commune, "o-furo", car c'est le créneau réservé aux femmes. Il faut se déshabiller dans le vestiaire et laisser ses affaires dans un casier. Une rangée de douches est installée sur un coté car il faut d'abord se laver. Un petit tabouret permet de s'asseoir devant un miroir et tout le nécéssaire est à disposition : shampoing, après-shampoing, gel douche. Une fois propre, on peut se glisser dans le bain d'eau chaude et se détenre. Dans le vestiaire, il y a une grande glace, des lavabos, des sèches-cheveux et des brosses. Il y a même une balance, mais après le régime mouton gras, Vi n'a pas osé tenter l'expérience !

Maï, une amie japonaise que l'on a rencontré lors de notre 1er séjour en Australie, et Ao, son fils de 2 ans, sont passés nous récupérer à l'hôtel à 10H. Nous avons laissé nos sacs dans sa voiture et nous avons pris le métro pour le sud d'Osaka et le quartier de Minami. Il pleut mais de nombreuses rues sont couvertes. Il y a des restaurants et des salles de jeu partout ! Osaka est un temple de la gastronomie, nos papilles s'affolent et nous salivons en passant devant les divers petits restaurants exposant les plats qu'ils proposent sous forme d'échantillons de cire très réalistes. Maï nous a emmené manger une des spécialités de la ville, l'okonomi yaki, un mélange d'œufs, de farine, de choux que l'on verse sur une plaque brûlante et que l'on acccomode au choix avec du poisson ou de la viande puis que l'on retourne plusieurs fois. Nous avons aussi testé les takoyaki, des petits beignets au poulpe.


Nous avons déambulé dans la galerie Doguya-suji où les magasins vendent toutes sortes d'articles de cuisisne.
Osaka est une ville moderne avec de multiples enseignes lumineuses et d'inombrables galeries souterraines.




Maï nous a ensuite conduits chez elle, à Tokushima, sur l'île de Shikoku, à 2H30 d'Osaka. Nous longeons l'océan pacififque et empruntons plusieurs grands ponts pour passer d'une île à l'autre puis nous nous retrouvons au coeur de montagnes verdoyantes. Des villages et des champs de riz, patates douces, choux et lotus se succèdent. Le paysage change à une allure saississante.
Tout est nouveau pour nous, chaque chose est une découverte. Nous n'avions jamais autant été dépaysés auparavant par la langue, la culture, le mode vie, la nourriture, la religion, l'environnement naturel ...

En arrivant chez Mai, nous avons fait la connaissance de Masaki, son mari, autour d'une fondue japonaise : des légumes, du tofu, du poisson et de la viande qui cuisent dans un bouillon.
Nous dormons dans une chambre japonaise avec des portes coulissantes et des tatamis au sol.
Nouvelle immersion chez l'habitant !

Ao fait le pitre, il est excité de recevoir de la visite. Nous aprenons quelques mots de japonais ave lui mais il gazouille surtout. C'est assez facile de communiquer avec lui ! Il s'incline pour dire merci. Il a des petites baguettes pour enfant et tente de manger avec !

08/10/2010 : 日本 (Japon)

Direction le Japon, changement total de décor.
Nous nous rendons à l'aéroport Chinggis Khaan, eh oui il est partout en Mongolie, c'est comme Lenine street en Russie ...
L'aéroport est minuscule, il n'y a qu'une piste, nous embarquons sur le seul vol international programmé, il n'y a pas d'étiquettes à bagages mais la douane fait son boulot et nous met presque à poil ! Pour passer le portique de sécurité, il faut enlever la montre, la ceinture, vider les poches, enlever la veste et les chaussures !

En vol, le paysage de la Mongolie à la Chine se remarque assez facilement : nous passons d'un territoire vierge à un territoire dont le sol est totalement occupé et exploité. On aperçoit également de nombreuses montagnes à travers les nuages.
Escale à l'immense aéroport de Pékin puis embarquement pour Osaka.

Nos 1ères impressions sont très bonnes : les gens sont souriants et serviables. Le train express de la Nantai Line nous emmène à la gare de Shin-Imaniya en 40 minutes. Jusque là tout va bien mais en sortant de la gare, nous nous perdons sous la pluie. Notre plan est minuscule et incompréhensible. Un Japonais nous vient en aide et nous conduit à notre hôtel.

Notre chambre est petite mais il y a des tatamis au sol. Pour dormir, il faut pousser la table basse et dérouler un petit matelas sur les tatamis. Nous avons un oreiller, une couette douillette, un peignoir, une grande et une petite serviette, des pantoufles et un kit brosse à dents et dentifrice ! Dans la chambre, il y a également la clim, la télé 10000 chaînes, un lecteur DVD, un petit frigo et une connexion internet ! Et nous sommes dans un hôtel bon marché !! On peut s'y promener en peignoir et pantoufles pour aller aux douches.

06/10/2010 : Gobi 5, Des yeux de Gobi !




Nous rentrons à Ulaan-Baator les yeux pleins de Gobi ! La steppe reprend peu à peu ses droits, les chevaux remplacent les chameaux, les aigles traquent les petites souris qui grouillent dans les herbes.





Un grand lac salé sert de refuge à d'innombrables oiseaux.
Le désert n'était pas monotone pour autant. La végétation, le relief et les couleurs changent constamment : sol caillouteux aux reflets métalliques, buissons épineux, dunes vertes, montagnes, terre rouge, sable etc.



Après avoir contemplé autant de beautés naturelles quasiment inhabitées où le béton est inexistant, Ulaan-Baator laisse perplexe. Son nuage de pollution est visible à plus de 40km à la ronde et la circulation devient impossible dès l'entrée de la ville.
La capitale abrite plus d'1/3 de la population mongole et elle ne cesse de croître. Elle attire les jeunes en quête de modernité et les nomades, poussés par la rigueur de l'hiver et la perte de leur bétail. Le développement urbain est totalement anarchique, les nouveaux arrivants installent une ger et l'entourent d'une palissade dans les quartiers insalubres sans eau courante ni collecte des ordures.
Non habitués à la vie urbaine, ils ont du mal à s'adapter, à trouver un emploi et ont recours au "système D".
Les pick-pockets sont fréquents. Nous avons surpris un gars littéralement "la mais dans le sac" mais il n'a pas eu le temps de prendre quoi que ce soit.
Une telle ville dans un pays à forte pression démographique ne nous surprendrait pas mais, ici, le contraste entre Ulaan Baator et le reste du pays est vraiment saisissant.

Néanmoins, nous sommes soulagés d'arriver à la Petite Marmotte pour nous décrasser et faire des lessives !
Nous sommes sales, couverts de poussière et complètements desséchés car l'air est très sec en Mongolie. Une douche, enfin !
Bon par contre niveau bouffe, ce n'est toujours pas ça ... Les restos et les petits cafés font d'excellentes choses, en particuliers les versions végétariennes des spécialités mongoles, mais les supermarchés sont désespérants. Même ici, on ne trouve rien et tout est périmé, au rayon boucherie, la viande verdâtre tire un peu la gueule ...
Mais depuis notre départ de France, nous n'avons jamais été malades. Il faut dire aussi que dans les familles nomades, le mouton est extra frais, directement du producteur au consommateur !

05/10/2010 : Gobi 4, Tsagaan Suvarga


Ce matin, nous partons explorer Tsagaan Suvarga, une falaise de sable sculptée par les éléments. Nous arrivons par le sommet de la falaise donc nous ne savons pas ce qui nous attend. Shijir se gare près du bord et nous découvrons une vue magnifique. Au pied de la falaise, le paysage est plissé puis il se défroisse progressivement. Le soleil montant éclaire ce paysage blanc, rose, violet, rouge, jaune, ocre, brun ...


Il est très difficile à chaque fois de décrire ce que l'on voit et de trouver les mots justes sans répéter sans cesse "magnifique", "splendide" etc !
Heureusement que les photos sont là, et encore ...



Nous pouvons descendre au pied de la falaise et la longer par le bas. Les formes sont surprenantes et captivantes, nous avons du mal à remonter dans le tank.
Nous nous arrêtons près d'une étable pour pique-niquer. Ras le bol des sardines et du maïs !

Cette étable est en bois mais comme il n'y a pas beaucoup de forêts dans les environs, la plupart sont en pierres, terre et/ou crotte !
Une jante de vélo fait office de panier de basket. Les mongols semblent être fans de basket car nous en avons vu un peu partout.

En fin de journée, nous arrivons à Baga Gazriin Chuluu, une montagne sacrée. Il ne s'agit pas d'un bloc de roche mais plutôt d'un empilement de grosses pierres.



Les ruines d'un monastère bouddhiste sont un lieu de pèlerinage. Le bouddhisme est la religion principale de Mongolie mais sous l'occupation soviétique, il a été interdit, les temples et monastères ont été détruits et les moines presque tous massacrés. Le chamanisme est aussi très présent et ses pratiques se mêlent à celles du bouddhisme.

Un peu de confort et de chaleur ce soir encore, nous dormons dans une ger !

04/10/2010 : Gobi 3, Yolyn Am


De bonne heure, nous partons pour la gorge de Yolyn Am. Le cours d'eau qui la traverse est censé être gelé toute l'année mais nous sommes en Octobre et nous ne voyons que quelques plaques de glace et traces de gel. Ce qui doit surtout frapper le visiteur estival est la différence de température ressentie dans la gorge.





Nous avons déjà eu froid et vu du gel alors nous accordons plus d'importanceà la beauté de la gorge et à ses falaises.



De nombreux "övöö" longent le ruisseau. Les Mongols y déposent une pierre ou un objet en signe de respect envers les esprits. Sur un övöö, une personne a dépose une plaque de thé.




Il est difficile de se rendre compte que nous sommes à 2500m d'altitude car l'altitude moyenne de la Mongolie est déjà de 1580m.
Notre promenade dans la gorge terminée, nous pouvons remplir de nouveau nos petites bouteilles et faire la vaisselle.

Nous faisons une pause à Dalanzadgad avant d'entamer notre longue remontée vers Oulaan-Baator (500 bornes en deux jours).
La frontière chinoise est proche et les gens ont des traits qui se rapprochent de ceux des chinois.
Les villages et les villes mongoles sont tous bâtis sur le même principe : des bâtiments en dur au centre et des quartiers de gers en périphérie. Il est étrange de voir des villes de gers ! Comme en Russie, le moindre village possède au moins une aire de jeux pour enfants.

Notre boîte de conserve russe nous trimballe sur les pistes défoncées. Nous arrivons à un camp de gers où nous allons passer la nuit. Les nomades nous invitent à boire le thé, il est au lait de chameau. Des bébés chameaux âgés de 8 mois, sont attachés près des gers. Ils pleurent en attendant leur mère. Elles arrivent en file, se couchent sur un tas de sable et s'y roulent. Un jeune nomade les retient ensuite avant qu'elles n'arrivent vers leur petit. Il les laisse passer l'une après l'autre pour que deux femmes aient le temps de les traire. Le bébé doit commencer à téter pour faire monter le lait, alors la traite peut commencer. Les bébés repus cessent de pleurer et poussent des petits soupirs de contentement.




Après le repas, Shijir vient nous offrir un verre de vodka. Il parle un peu anglais et nous montre des photos de sa famille et des touristes avec lesquels il a sympatisé.
Dehors le vent souffle violemment.

03/10/2010 : Gobi 2, Khongoryn els (dunes de sable)




La nuit a été excellente. Nous avons pu admirer le ciel constellé d'étoiles. Nous n'en avions jamais vu autant, même en Australie. Les étoiles ne semblent pas seulement être accrochées tout là haut, elles occupent toute la voûte céleste. Certaines semblent même être posées sur la terre. Lentement, le croissant de lune est apparu à l'horizon et s'est levé dans le ciel, comme s'il avait attendu qu'on se lève en pleine nuit pour assister au spectacle.

Le matin, après un petit déjeuner face au lever du soleil, nous sommes remontés à bord du tank russe et nous avons piqué droit vers la chaine de montagnes au sud. Une brèche nous a permis d'y grimper progressivement. Nous avons profité de la présence d'un petit ruisseau pour remplir nos petites bouteilles en plastique.





 
Une fois le col passé, nous nous sommes retrouvés sur un immense plateau au bout duquel s'élevaient les dunes de sable de Khongoryn.




Le sable ne représente que 3% du désert de Gobi qui est surtout caractérisé par un sol caillouteux. Les dunes font partie du parc national de Gurvan Saykhan, elles s'étirent sur une centaine de kilomètres en une bande assez étroite.
Nous avons entrepris l'ascension d'une des plus hautes dunes après le déjeuner. Une ascension si raide dans le sable a vraiment relevé de l'exploit, nous sommes arrivés au sommet exténués mais comblés car la vue récompensait largement l'effort.


D'autant plus que nous avions les dunes pour nous seuls. Nous sommes restés un moment au sommet à admirer le paysage et à marcher le long des crêtes avant la descente.



Nous sommes descendus tout droit, en courant et en enfonçant bien les talons. Cela a du prendre 5 minutes ! Un pur régal ...







Un petit ruisseau arrose la plaine au pieds des dunes et l'herbe y est verte. La route longe les dunes. A notre gauche, s'élèvent les monts Gurvansaikhan et à notre droite, défilent les dunes contenues par la chaîne montagneuse de Zoolon.

Une multitude de couleurs s'offrent à nous, une palette de vert, ocre, brun, rouge sous un ciel parfaitement bleu mais il est difficile de prendre des photos car la lumière diffuse trouble le paysage.

Les dunes diminuent à mesure que nous avançons et finissent par mourir en banc de sable.
Une gazelle nous regarde passer. Hier, nous en avons vu deux traverser la plaine à toute allure.
Nous croisons quelques motos chargées de nomades  Ils se déplacent beaucoup à moto et comme il n'y en a qu'une par famille, il n'est pas rare de les voir monter à 3 ou 4 dessus.

Le soleil décline alors que nous nous engouffrons dans un canyon. Lorsque nous en sortons, le ciel est d'une étrange teinte : l'horizon est bordé d'une bande d'un bleu profond surmontée d'une bande rose.
Nous arrivons à un camp où des mongols louent des gers au touristes. Le vent souffle très fort alors nous troquons notre tente pour une ger avec un poêle. Les arbres sont rares dans la région alors des galets confectionnés avec des excréments de chèvres et de moutons servent de combustible.



02/10/2010 : Gobi 1, Et le désert avance ...


Nous partons pour 5 jours dans le désert de Gobi. Tuya, l'associée Mongole de Xavier, nous a trouvé un chauffeur et un véhicule. Et quel véhicule ! Une fourgonnette 4x4 russe qui a 4 ans mais en parait 20 et qui sent l'essence.





Avant de partir, nous nous arrêtons faire les courses. C'est la galère, à part des bonbons et de l'alcool, il n'y a pas grand chose et le peu qu'il y a est périmé, depuis longtemps parfois, trop longtemps !
 Nous réussissons tant bien que mal à faire nos emplettes. Sardines à midi et pâtes le soir. Par contre, il n'y a que des petites bouteilles d'eau. Jusque là, nous avons réussi à ne pas en acheter et à faire bouillir de l'eau pour la stériliser. Comme il nous faut des réserves nous n'avons pas le choix, les cours d'eau sont rares dans le désert.

Le périple commence, l'engin russe se met en branle et nous secoue à travers la steppe.
Pendant plusieurs heures, nous traversons des paysages dont nous sommes maintenant habitués mais peu à peu, le décor change. La steppe fait place à un sol caillouteux et sec couvert de buissons épineux, les gers sont de plus en plus espacées et moins nombreuses, les chameaux arpentent ce paysage aride et de grands aigles le survolent.
Nous entrons dans le désert de Gobi, le plus grand désert du monde, qui couvre un tiers de la Mongolie.

Nous nous arrêtons en fin de journée alors que le soleil se couche et enflamme l'horizon. Il ne fait pas très froid. Personne ne vient troubler le calme de cette soirée.


Nous nous couchons tôt au son de la clé de 13 sur le moyeu de transmission avant droit. Shijir, notre chauffeur guide, démonte la fourgonnette, pas très rassurant ! Mais on lui a demandé ce qu'il se passait, il a répondu "is OK".


01/10/2010 : 6ème jour



Il a un peu plut pendant la nuit et le ciel est gris. Les montagnes de la rive opposée sont coiffées de neige. Nous allons longer l'Orkhon jusqu'à Kharkhorin.





Au bout de quelques kilomètres, nous rencontrons Benoit et Bent, son guide. Ils ont sillonné la région pendant 2 semaines. Vi teste un peu le galop, c'est assez marrant et moins effrayant que ce qu'elle pensait. Benoit, qui sait bien monter à cheval vient l'aider. Rien avoir avec ses petites courses, le départ lui coupe le souffle et elle s'accroche à la selle ! C'est génial, elle recommence.
Le ciel se découvre, le soleil fait son apparition et la rivière scintille.



Un chien noir nous suit depuis la veille et nous protège. Lorsque l'un d'entre nous s'arrête, il s'arrête, il se mesure aux chiens que l'on croise et s'assure qu'ils ne nous suivent pas. Nous l'aimons bien, il vient compléter notre équipe.
Les nomades ne nouent pas de liens affectifs avec leurs animaux. Ce sont d'excellents cavaliers mais ils traitent leurs chevaux assez durement. Ils ne leur donnent pas de nom, peut être pour ne pas être trop peinés si ces derniers viennent à mourir pendant l'hiver. Ils ont des chiens pour surveiller les troupeaux et les protéger des attaques de loups mais ils ne les traitent pas comme des animaux de compagnie, ils en ont même peur et ne les touchent jamais.


Nous arrivons à Morim Jim Café en fin de journée où nous attendent une assiette de nouilles aux légumes, un thé noir, quelques bières et une douche chaude !
Nous faisons le point avec Xavier : le treck était superbe et les paysages splendides. Nous avons eu beaucoup de chance car le temps a été changeant ce qui nous permis d'avoir une lumière et des couleurs différentes chaque jour. Nous avons pas eu de pluie et le grand froid n'a pas montré le bout de son nez. Par contre, le guide a été décevant, il a tracé au plus court d'une famille à l'autre sans jamais nous faire passer par la montagne. Nous avons également manqué un beau monastère perché sur un piton rocheux.
Xavier est désolé, il est constamment confronté à ce problème comme toutes les agences qui emploient des guides mongols. Tous les guides ne comprennent pas la notion de tourisme et ne voient pas la raison de notre visite ...

Il nous explique des choses que nous n'avons pas comprises sur le moment.
Le soir et le matin, nous avons vu des petits animaux semblables à des marmottes courir dans la pleine et plonger dans leur terrier. Ce sont en fait des écureuils terrestres.
Dans la ger, une corde pend du plafond et elle est attachée en forme de serpentin à une paroi, elle représente le renflement de la panse du mouton et ses intestins et symbolise l'abondance. Elle sert également au montage de la ger. Des tresses confectionnées avec le crin des bons chevaux, morts ou vendus y sont suspendues. 



Nous avons vu plusieurs monticules de pierres décorés d'écharpes bleues, ce sont des "övöo". Parfois ce sont des arbres qui sont décorés. Les nomades marquent ainsi leur respect aux esprits selon leurs croyances animistes.

Aujourd'hui, nous avons aussi gouté à la vodka mongole qui est obtenue en distillant du lait, cette vodka s'appelle de l'"arkhi" et peut-être très alcoolisée même si cela ne se sent pas au goût. Par contre on sent bien la chèvre, c'est peut être bon mais après avoir mangé du mouton matin et soir pendant six jours, ça a du mal à passer !